Le passé n’a pas d’avenir… Derrière ce slogan un brin provocateur nous voulons dire que les modes de pensée et d’action qui meuvent nos hommes politiques actuels ne sont pas tournés vers l’avenir mais vers le passé. Alors que le monde avance vite, le monde politique garde les yeux résolument tournés vers le passé, vers des méthodes et des débats anciens qui ne bâtissent rien mais reflètent seulement le vide des idées. Cela est d’autant plus dommage que parmi les élus se trouvent un certain nombre de gens de valeur et de personnes sincères, mais elles sont prisonnières d’un appareil et de structures qui paralysent leur action comme leur esprit. La libération des esprits est le premier pas vers la naissance du XXIème siècle, et c’est pourquoi nous voulons rappeler cette simple évidence : le passé n’a pas d’avenir.
De nombreux historiens soulignent le parallèle existant entre notre époque et les années 1780. Sans tomber dans un déterminisme historique qui prétendrait que toute similitude produit les mêmes effets, il convient de remarquer que les quatre facteurs qui ont conduit à la révolution de 1789 sont aujourd’hui présents : éloignement croissant entre les structures politiques et la réalité sociale, incapacité du régime à s’auto-réformer, dette publique hors de tout contrôle, apparition d’un chômage structurel ayant comme conséquence de créer une foule de sans espoirs prêts à toutes les émeutes. Il était évident pour les observateurs avertis de l’époque que le passéisme des structures sociales et mentales bloquait toute évolution pourtant indispensable, alors que le régime était confronté aux résistances de tous les privilèges, ce qui dans l’Ancien Régime concernait toute la population et pas seulement les élites. Ce genre de situation connaît un lent pourrissement qui donne l’impression qu’il sera toujours possible d’ajuster et qu’un peu de prospérité ou de calme réglera naturellement la question. Tel Louis XVI, notre président se heurte à l’impossibilité de combiner le maintien des structures mentales de notre ancien régime, ainsi que les privilèges qui y sont associés, et la nécessité de réformes profonde que personne ne nie. Ce type de processus est condamné par avance, puisque par définition la personne qui les conduit est structurellement prisonnière de ceux qui soutiennent son pouvoir. Seule une approche nouvelle construite par des groupes nouveaux peut créer une véritable réforme. Cela, l’histoire nous l’apprend.
Comme en 1788 nos politiques n’ont aucune vision d’avenir mais regardent vers des idées et des procédés issus du passé. Ne voit-on pas une droite et une gauche proposer une alternance de gentlemen sur la base de débats vieux de presque 250 ans ? Ne voit-on pas nos gouvernements poser comme seul idéal un devoir universel de mémoire qui cache mal le fait qu’aujourd’hui on laisse se faire les crimes qui seront la mémoire de demain ? Ne voit-on pas l’incapacité des gouvernements à concevoir l’idée simple que les citoyens de l’Europe souhaitent une Europe de l’avenir et non une européanisation des pratiques nationales ? Ne voit-on pas lentement disparaître la démocratie dans une politique sécuritaire, économique et tournée sur elle-même au lieu d’inventer les modes démocratiques du XXIème siècle ?
L’idée même de droite et de gauche appartient au passé, la république telle que nous la pratiquons appartient au passé, la représentation populaire territoriale issue d’une époque de communication lente est du passé, la lutte des classes, qu’aucun sociologue sérieux ne songerait aujourd’hui à défendre, est du passé. La soumission du politique à l’économique est du passé, l’idéologie ultralibérale est du passé. Que nous le voulions ou non, la combinaison des défis écologiques, de la mondialisation, de la communication et des menaces nombreuses contre la Vie a déjà rendu impossible le maintien des coutumes anciennes. Le seul défi politique qui soit porteur de sens n’est pas de savoir si telle ou telle personnalité va dominer le pays, mais de définir comment on pense et construit l’avenir. "Solidarité – Liberté, Justice et Paix" se donne pour but de proposer une réponse en s’appuyant non pas sur une idéologie mais sur la seule force vivante de nos sociétés : le monde associatif et la myriade de ceux qui prouvent par leurs actes leur volonté d’un monde plus juste, plus vrai, plus beau. Toutes les structures actuelles, que l’on peut qualifier d’ancien régime, se maintiennent sur un seul argument : il n’existe pas d’alternative crédible et démocratique à ce qu’elles proposent. C’est bien évidemment faux, c’est bien évidemment l’argument de tout réactionnaire : Soutenez-moi parce que sans moi ce sera le chaos. On n’a jamais vu un régime politique se maintenir sur le seul argument de "je suis le moins pire". Là encore, nous sommes en plein passé.
Aujourd’hui c’est moins dans le passéisme parfois caricatural d’un de Villiers ou d’un Le Pen qu’il faut chercher les réactionnaires, mais bien chez Besancenot et ses idées du XIXème siècle, chez les libéraux militants et leurs idées du XVIIIème siècle, dans une gauche sans repères et dans une droite plus élitiste et brutale que jamais. Ce qui a fait le succès du Front National est bien d’avoir su dénoncer la pensée unique et d’avoir voulu, simplement voulu, proposer un autre modèle de société. Sa chute est la conséquence de ce qui l’a fait grandir et qui constitue le tombeau de tous les réactionnaires progressistes : il ne suffit pas de dénoncer une situation pour proposer des solutions. Les "solutions" du Front National sont pires que le mal qu’il dénonce et renforcent l’argumentaire de l’ancien régime sous lequel nous vivons : "je suis le moins pire". En cela, le calcul de François Mitterrand de laisser émerger ce mouvement a été payant, le Front National a servi la cause de l’immobilisme en renforçant l’idée que toute contestation ne pouvait qu’être pire. Le Front National a donc bien été un agent, involontaire mais efficace, de la pensée unique. Sa disparition progressive est inéluctable.
C’est pourquoi nous voulons affirmer que le passé n’a pas d’avenir, pour préparer l’avenir. Nous ne voulons pas bâtir un mouvement de contestation mais de proposition. Il est facile de dénoncer tout ce qui ne va pas, c’est le fond de commerce de tous les partis politiques (depuis la fracture sociale de Jacques Chirac à la réforme sarkozyste en passant par la rhétorique d’une Ségolène Royal, l’ensemble des discours politiques ont pour objet de vous dire : voici ce qui va mal, votez pour moi). Nous avons l’intention de prendre le contre-pied de ce populisme passéiste et de commencer par proposer un modèle de société. Nous savons tous ce qui va mal, les électeurs attendent une politique de solution et non de constatation. L’idée même de Solidarité est nouvelle : rassembler pour la construction d’une civilisation du XXIème siècle tous ceux qui combattent pour de vraies causes. Ensuite, considérer les forces politiques actuelles comme le calcaire qui se dépose dans les canalisations sociales, effet secondaire d’une eau trop pierreuse qu’un peu de vinaigre suffit à dissoudre. Le passé n’a pas d’avenir, c’est pourquoi toutes ces forces politiques sont appelées à disparaître dans les poubelles de l’histoire, parce qu’elles sont obsolètes.
Vous trouverez les premiers chemins de réflexion sur ce site, dans les pages de documents ainsi que dans notre proposition de programme Comme la démocratie du XXIème siècle ne sera pas inventée par par une personnalité unique mais par l’addition des expériences pratiques et des cercles de pensés qui explorent de nouveaux chemins (heureusement il en existe beaucoup dans notre pays), nous vous appelons à participer aux débats et à apporter vos idées, vos projets, vos commentaires et vos critiques à ce qui est appelé à constituer un creuset pour le monde de demain. Une révolution est inéluctable (ne serait-ce que sous la pression des nécessités écoligiques), c’est une chose que tout le monde sait d’une manière consciente ou non. Si nous voulons que l’esprit et l’espérance dominent la naissance des terres nouvelles de la pensée alors il faut dès maintenant construire, car demain le désenchantement et le désespoir auront fait leur œuvre de mort. Le passé n’a pas d’avenir autre que le chaos et la mort. Nous voulons affirmer qu’un autre monde est possible et que la Vérité toujours l’emportera sur le mensonge.
Ensemble, tout devient possible. Comme toujours les prédateurs de l’espérance savent sentir le vent souffler. Nous savons tous que par eux rien ne sera possible, mais nous avons tant envie d’y croire. La réforme lancée contre les peuples par la violence, grâce à la certitude de l’absence d’alternative, ne conduit nulle part. Les politiques ont beau nous cracher à la figure ils ont oublié que l’on ne crache pas contre le vent… Remercions Nicolas Sarkozy de faire tomber les masques et de rendre possible la naissance d’une alternative. Face au monde qu’il représente, lui ou ses alter égo de droite ou de gauche, en effet tout devient possible.